
Bonjour à tous,
Nous voilà partis pour Ushuaia avec tout de même une courte étape à Rio Gallegos,

(entre Puerto Madryn et Ushuaia) histoire de changer de bus et malgré de longues attentes à chaque frontière (même si nous allons en argentine il faut obligatoirement transiter par le Chili et le détroit de Magellan) et avoir déclaré le moindre trognon de pomme (il a fallu vider tout les sacs du bus et se goinfrer des fruits et légumes qu'on avait sur nous), la traversée du Détroit dans un bac ou rentrent pelle-mêle camions, bus et voitures nous aère l'esprit, avant de débarquer en terre promise en début de soirée. En nouveaux grands voyageurs nous ferons silence sur les 200 km de pistes après le Détroit, qui même si ils sont plus rapide que la route principale, sont éprouvant psychologiquement après autant de distance enfermés dans un bus.

Nous voici donc au bout du monde, (pas littéralement mais c'est tout comme!) à Ushuaia, en Terre de feu! Et comme il n'y a pas de fumée sans feu (oui oui), la thèse qui prédomine pour expliquer le nom "Terre de Feu" est que, en novembre 1520, lorsque Magellan arriva, il vit des feux de camps indiens et nomma ce lieu "Tierra del Humo" ("Terre de Fumée"). Et boum naissait la Terre de Feu. (les feux étaient allumés par les indiens "Yamans" qui vivaient nus, même en hiver, et dans cette parenthèse on souhaite leur tiré un sacré coup de chapeau parce qu'on est quand même pas bien loin du pôle sud!)

Et donc, pour en arriver là, beaucoup de bus !
Tellement que l'on en a perdu le compte, quoi qu'il en soit nous sommes a 3000 km de Buenos Aires (et à plus de 15000 de l'Alaska.. Il est vraiment étendu ce continent..), ça en fait du chemin parcouru depuis le début du périple !

Parlons donc de cet endroit qui nous paraît si lointain, une ville construite par les anciens exilés et prisonniers argentins (le gouvernement argentin s'inspira de l'exemple des bagnes britanniques en Australie : s'échapper d'une prison sur une île si isolée est pratiquement impossible. Les prisonniers devinrent ainsi des colons et leurs principales activités étaient de couper du bois sur les terrains environnant la prison et de construire la ville), dans un décor de rêve (l'hiver ca doit paraître beaucoup moins hospitalier!).
On est face au canal Beagle qui relie Océans Pacifique et Atlantique, cerné par montagnes, îles, lagunes et fôrets borréales. Le petit port touristique (presque trop a notre goût) est jonché d'habitations anarchiques en tôles colorées. La ville la plus au sud du monde (il y a un mini débat parce qu'il y a un village un peu plus au sud au Chili mais quasi inhabité... pour la pub on retiendra Ushuaia) nous surprend autant par sa taille que par son emplacement, bref que de l'original!

L'auberge où nous échouons est bien, une petite surprise de taille tout de même il y a un couvre feu et a minuit la salle commune est fermée...autant dire que nous avons mangé notre premier repas à Ushaia (pizzas a emporter..), dehors devant la porte!

Le lendemain nous visitons un peu la ville et nous préparons pour aller au parc national qui longe la frontière chillienne à l'ouest de la cité.

Une atmosphère atypique, un décors de rêve, le tout un peu ternis par les trop nombreuses boutiques de souvenirs. En se renseignant sur les prix et les activités, nous décidons de ne pas faire le tour de la baie en bateau, ça nous éloignerait beaucoup trop de nos 20 euros journaliers.

En revanche nous aurons tous notre tampon "Ushuaia" sur le passeport (Alex est très heureux) et le lendemain nous montons jusqu'au glacier Martial.

Il caché au fond d'une combe, surplombe la ville. Une ascension a couper le souffle autant pour son dénivelé (assez court mais très violent!)que pour le panorama qu'il offre sur la ville, le canal et les îles montagneuses.


Une bonne mise en bouche avant d'aller au parc !



C'est très étrange, on est à 800 mètres d'altitude (Cruseilles en gros) et il y a un glacier ! Et les montagnes ressemblent à celles de nos sommets de plus de 3000 mètres, tout de suite à pic !

Les autres occupants de l'auberge (beaucoup de francophones!) nous conseillent pour notre séjour au parc, car malgrès la bonne saison, le temps est très changeant, sans compter que 4 jours de nourriture (le nombre de nuits que nous comptons passer dans le parc) cela pèse quand il faut marcher avec le sac a dos! Un taxi nous dépose le lendemain à l'entrée.

On fera 2 km à pied sous une petite pluie légèrement effrayante pour la suite de notre semaine, avant d'arriver au premier "camping" gratuit (un champ avec quelques plots pour faire du feu).

Et là on a tout de suite retrouver le sourire parce qu'on avait acheté de quoi faire un barbecue pour 18 personnes (environ).

Ca y est ! Nous y étions, notre premier parc national, le premier de notre remontée de la cordillère des Andes. C'est le moment de mettre nos aptitudes physiques à l'épreuve et d'ouvrir grand les yeux (sans oublier de bien fermer nos K-Way à cause du vent).

D'ailleurs le lendemain, notre première marche avec nos sacs sur le dos, 8 km en longeant une lagune donc pas beaucoup de dénivelés à priori. Mais finalement ce sera pas mal de petites montés/descentes qui taperont un peu dans les mollets.


On arrivera en fin d'après-midi à une autre aire de camping qui nous fera découvrir notre activité des prochains jours : la chasse aux lapins !


En effet il y en a partout dans le parc et on a mis tout les moyens possibles en place pour les attraper : lancer de pierre, collets, piège en tout genre... encerclement...

rien n'a fait. Nos âmes de chasseurs/cueilleurs se sont réveillées !

Romain a poussé la chose encore plus loin en fabriquant une canne a pêche à partir d'une branche d'arbre,

comment dire... les autres pêcheurs pas loin de lui ont légèrement rigolé en comparant leur matériel au sien ! On retiendra tout de même la capture d'un alvin d'au moins 4 centimètres de long.

La déception c'est lorsque l'on est parti du parc, à travers le bus qui nous ramenait, on a vu un lapin monter dans les bras d'une touriste parce qu'elle lui avait jeté du pain... Nous reviendrons.
Le jour d'après, trêve de rigolade, direction "La Punta Guanaco". 973 mètres d'altitude, c'est quoi ? Plus bas que le Salève !

Mais en partant du niveau de la mer et dans ces montagnes qui n'ont rien à voir avec celle de chez nous, et bien ça envoi. On nous avait dit de ne pas commencer l'ascencion après midi car le temps annoncé est de 4h aller + 4h retour...

Il était 15h00. On nous avait dit de poser nos sacs avant la monté, on les a laissé un peu sceptique et finalement OUF Ce fut.. pentu.. Un peu trop pour une première ascencion mais finalement tout le monde arriva en haut à son rythme. Dans le dernier kilomètre Adrien a eu une révélation,

il a branché son MP3 avec Katy Perry et hop il a pris les devants pendant qu'Alexandre accelerait pour ne pas se faire rattraper par une maman (mais dans un mois il reviendra ici et fera la monté sur les mains !) ! Entre temps une touriste suisse alémanique nous avait un peu coupé les jambes en nous disant qu'on était à la moitié du chemin (soulagement), en fait on avait pas encore dépassé le quart.


Mais l'effort valait le coup ! Quelle claque ! Une vue à 360 degrés totalement inédite. Des sommets qui paraissent hauts de 4000 mètres et qui baignent dans l'océan, le canal Beagle et les lagunes du Parc, que du bonheur !


D'autant qu'on a fait la ida y vuelta (aller-retour) en 4h avec 1h au sommet ! Comme dirait Dada : les durées indiqués c'est pour les Pécores !

Après une descente assez sportive on sera bien content d'aller furtivement dans des douches censés appartenir à un camping payant. Alexandre et Romain choisiront l'option "eau gelée de la rivière".


Heureusement le feu d'Adrien sera là pour nous réchauffer.

Tout propre (enfin !) on alla se coucher pas trop tard mais la nuit sera difficile avec pas mal de vent et beaucoup de pluie. Mais au matin grand soleil ! La météo est vraiment particulière, en une journée on peut vivre 3 saisons différentes.
Le Parc sera l'occasion de croiser d'autres espèces sauvages :

Légèrement effrayant ce renard...


On profite de ce passage pour vous présenter les 4 petits berêts sacs au dos !




Les derniers jours dans le parc seront plus soft. On rejoindra l'endroit le plus au sud du Parc,

au bord de la laguna verde où on s'exercera aux ricochets. Le soir un garde viendra contrôler notre campement ; en temps normal on a le droit de camper seulement deux nuits... on fera les ignorants et ça passera.

Et avant de partir, on fera l'intéressante visite de la Castorera !
En fait les Castors présents dans le parc viennent du Canada. Ils ont été introduits en 1946 pour développer l'industrie de la fourrure. Mais finalement il fait moins froid que chez nos amis Canadiens et les Castos n'ont pas développé une fourrure assez intéressante pour le commerce et le problème est qu'ici ils n'ont pas de prédateurs naturels (l'ours, le loup, le linx...) alors maintenant ils sont énormément et ils ont bouleversé l'écosystème en place. Ca c'est l'effet Castor, une déforestation totale :

Toute l'année la "chasse au castor" est ouverte. On arrivera malheureusement pas à en voir un, par contre on verra leurs barrages immenses (le barrage d'Itaipu peut se rabhiller^^). Ces bestioles (qui font tout de même 1m25 de long et qui peuvent atteindre 25 kg) font vraiment des ouvrages immenses qui servent à élever le niveau de l'eau pour qu'ils puissent construire tranquillement leurs maisons en amont.
Dans un des parkings du parcs on apercevra un petit bout de France avec cette voiture immatriculée dans le Rhône, elle a du en faire du chemin.

On quittera le parc tranquillement le lendemain en prenant un jour et demi de repos à Ushuaia pour laver tout nos habits et récupérer des forces.
Nous sommes maintenant en route pour le Parc Torres Del Paine côté Chilien !
Notre séjour à Ushuaia restera comme le moment de notre vie où nous avons été le plus près du pôle sud (on aurait presque pu tenter d'aller en Nouvelle-Zelande à la nage). L'emplacement de la ville est vraiment magnifique, la baie qui s'ouvre vers cette remontée dans les sommets environnants... Dommage que le tourisme est amené trop de changement (tout de même quatres casinos...). Mais en faisant quelques centaines de mètres il est aisé de se retrouver dans des paysages totalements inédits qu'il est difficile d'oublier !

Ca c'est les 4 petits bérêts en mode pingouin !
Nous partons demain pour 10 jours de trek au Torres del Paine, alors bonne semaine et bisous à tous.
(désolé s'il y a des fautes ou des problèmes d'organisation dans l'article mais on a du tout écrire à peu près une heure avant de prendre le bus :p)